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Autres rubriques - Témoignages


  1. On y retrouve notamment des photos du Chemin prises par des marcheuses ou marcheurs au cours des années antérieures.
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  2. Vidéo réalisée en 2015 par un marcheur
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  3. «Quels beaux chemins nous avons parcourus! Contrairement à Compostelle, faire ce parcours à quatre nous attire des accueils souvent plus intimes et chaleureux et nous avons profité de rencontres fort sympathiques et très enrichissantes. Faire ce chemin à quatre représentait aussi un défi même si nous sommes de grands ami(es). Chacun se sent un peu responsable des trois autres; on veut que chacun arrive chaque soir à bon port. J'imagine qu'il en est de même pour chaque groupe. En plus, vivre à quatre pendant 21 jours, même si parfois on a de la distance dans le chemin, nous permet de mieux nous connaître personnellement: nos forces, nos faiblesses, nos difficultés de communication ou d'être à l'écoute des autres, etc.
    Je pense donc revenir chez moi, non seulement avec de beaux souvenirs des magnifiques paysages offerts par un Saint-Laurent aux rivages constamment différents à mesure qu'on avançait, mais aussi en ayant fait un bout de chemin en moi-même. J'ai vraiment encore davantage compris que l'Idéal n'existe pas. Vivre sur le Chemin, pour moi c'est vivre la réalité du moment présent, c'est une expérience humaine de tout instant qui fait travailler le corps et l'âme, qui nécessite tel que je l'ai compris, la connaissance, l'espérance, la charité et la paix (vos voeux lors de notre départ).
    Nous avons donc marché et vécu ensemble pendant 21 jours et mon amitié et amour s'en trouvent renforcés même si parfois j'ai vécu des tensions intérieures. Il est clair pour moi que je n'aurais pas fait seule cette route; j'ai trop besoin des autres. Je reviens convaincue de l'interdépendance des humains.»


  4. «Pour moi, c'était une belle expérience tout le long du trajet. Je suis un gars de paysages et les paysages du Saint-Laurent me parlaient et continuent à me parler. Je suis aussi un gars d'histoire et le privilège de pouvoir suivre la période héroïque de l'arrivée de nos premiers colons au 17ième siècle m'a beaucoup touché. Mon épouse et moi sommes d'accord que, même si nous avons fait des pèlerinages en Europe, celui-ci a eu un effet déclencheur que n'ont pas eu les autres. Est-ce parce que c'était plus intime avec des contacts plus soutenus et approfondis? Est-ce que parce que 4 bons amis avaient passé trois semaines ensemble presque sans relâche? Chacun sa réponse.
    Un gros merci à tous les bénévoles, hospitaliers, hospitalières et intervenants qui nous ont assuré un accueil et une aventure extraordinaire. Ultreïa '' Nous pouvons vous affirmer que les pèlerins qui ont parcouru ce chemin en sont transformés, peu importe la motivation qui les a poussés à s’inscrire.»


  5. Je m’appelle Libersan; je suis libre comme l’itinérant.

    Tableau Libersan
    Quand je marche, je fainéante.
    Je ne travaille pas.
    Je n’entretiens pas.
    Je ne calcule pas.
    Je n’achète rien.
    Je ne décide de rien.
    Je n’attends rien.
    Je n’anticipe rien.
    Je ne cours pas après mon temps.
    Je ne fais que mettre un pied devant l’autre.

    Quand je marche, ma psyché tourne au ralenti.
    Mon bavardage intérieur se fait moins insistant.
    Je ne mets pas de masques.
    Pas de fardeau, pas de soucis.
    Pas d’obligation de résultat.
    Même pas forcer de penser.
    Mes vieilles chicanes me paraissent futiles.
    Je sors de la marche raccordé avec le monde.

    Quand je marche, la lenteur fait découvrir atours et charme.
    Le ciel bleu azur.
    La vaste étendue d’un champ de blé.
    La grandeur des arbres.
    La courbe pentue d’un chemin.
    Une côte à monter.
    Le crissement strident de la cigale.
    Le ramage mélodieux des oiseaux.
    Le son zen du murmure d’un ruisseau.
    Le doux parfum du lilas.
    L’effluve des feuilles mortes.
    Un flocon de neige virevoltant.
    Un vent glacial.
    Une pluie battante.
    Un soleil de plomb.
    Un air vif et piquant.
    La vue d’un étrange éléphant dans les nuages.
    Le bavardage magique des rencontres fortuites.
    La convivialité des hôtes du gîte.
    L’effervescence de l’hormone du bonheur.

    Quand je marche, ma liberté se résume :
    À boire une gorgée d’eau.
    À manger une bouchée de pain.
    À roupiller au grand air.
    À gazouiller des refrains connus.
    À être indifférent au temps.
    À côtoyer la simplicité.
    À refuser le superflu comme bagage.
    À s’abandonner devant l’imprévu.
    À sympathiser avec tout ce qui m’entoure.
    À suivre la route.
    À me laisser exister.
    À éprouver la joie d’être là.
    À accomplir ce que je sais faire le mieux.
    À ressentir la Beauté et la Bonté.

    Quand je marche, je m’accorde avec le doux infime.
    Devant la montagne majestueuse,
    devant le ciel à perte de vue,
    je me sens humble.
    Je marche avec lâcher-prise et détachement.
    Le temps existe à peine.
    J’habite le paysage.
    Je le respire.
    Je lui donne un sens.
    Je suis tout ouate et chant neigeux.
    Je suis en harmonie avec les chuchotements.
    Je suis présent à la plénitude d’être.

    Robert Libersan
    Décembre 2015